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Traditions et gastronomie chartraines

 LA FOIRE DE SAINT-ANDRÉ


La Saint-André, la plus célèbre des foires chartraines dont les origines remontent au Haut Moyen Age, est une tradition de la vie provinciale présentant un intérêt d’autant plus grand qu’elle a survécu aux plus profondes transformations de nos mœurs.


 Les origines de la foire

Le renom des Écoles de Chartres, le rayonnement du pèlerinage, drainant autour de la cathédrale et de l’abbaye de Saint-Père des foules d’étudiants et de pèlerins contribuèrent à cette prospérité. En un temps où la religion imprimait les actes de la vie quotidienne, il n’est pas étonnant que les foires soient nées de circonstances religieuses. La collégiale Saint-André se devait, pour la fête de l’apôtre, le 30 novembre, d’avoir sa foire. Bien que les documents soient inexistants, en ce qui concerne les débuts de cette foire, on peut penser qu’elle n’est pas antérieure à l’église, qui selon toute vraisemblance fournit tout à la fois le patron et le prétexte à la manifestation commerciale.


 Localisation initiale de la foire

Le marché aux pourceaux de la foire Saint-André, se tint longtemps dans le cloître de la paroisse et plus précisément dans son cimetière. En 1438, année de peste, on s’aperçut que ces animaux foulaient et déterraient les corps des trépassés. Il fut alors décidé que le marché se tiendrait de l’autre côté des fossés entre le pont du Bras-de-Fer et la porte Imbout. Ainsi étaient conciliés le respect dû aux morts, les exigences de la salubrité publique et les possibilités pour la foire de s’étendre extra-muros. En effet, ce déplacement permit de regrouper la foire qui, auparavant, débordait largement le quartier proche de l’église puisqu’elle occupait aussi l’actuelle rue du Cardinal Pie, où l’on exposait les chevaux et la filasse.


 Déplacement au XIXe siècle

En 1853, la Saint-André quittait les bords de l’Eure pour s’étendre sur les promenades du Tour de Ville, de la place Pasteur à la place Drouaise (par le boulevard Chasles, le boulevard de la Résistance, la place de la République, la rue Georges-Fessard, la place Pierre-Sémard, l’avenue Jehan-de-Beauce, la place Châtelet, la promenade des Charbonniers).
Suivant une évolution générale, elle est devenue un grand marché de bestiaux. Au siècle dernier, il n’était pas rare de compter, le 30 novembre à Chartres, 2000 chevaux, un millier de bovins et 30 000 moutons. Les « grands crus » étaient considérés par rapport au bétail amené dans le chef-lieu du département et l’on cite les années 1868, 1871, 1888 et aussi 1910, une des dernières foires de la « belle époque ».
Puis, le machinisme agricole détrôna l’animal et les camelots, les experts du petit négoce vinrent en plus grand nombre remplacer les maquignons (en 1969, il ne subsistait plus qu’une centaine de bêtes, vaches et bœufs).


 Changement de date

Depuis 1979, pour des raisons de commodité, la foire de Saint-André se tient le dimanche le plus proche du 30 novembre.

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